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Haute Couture Automne-Hiver 2026-2027 : Duran Lantink ouvre une nouvelle ère chez Jean Paul Gaultier

  • Photo du rédacteur: Victoria Di Cala (BC)
    Victoria Di Cala (BC)
  • 13 juil.
  • 3 min de lecture
Haute Couture Automne-Hiver 2026-2027 : Duran Lantink ouvre une nouvelle ère chez Jean Paul Gaultier
Une haute couture audacieuse, à la croisée de l'héritage et de la modernité. ©Jean Paul Gaultier Haute Couture / Duran Lantink

Premier directeur artistique permanent de la Maison depuis le départ de Jean Paul Gaultier en 2020, Duran Lantink signe une collection très attendue. Présentée lors de la Fashion Week Haute Couture de Paris, cette première proposition dessine les contours d'un nouveau chapitre, où l'héritage du couturier dialogue avec une vision résolument contemporaine.


Parmi les rendez-vous les plus scrutés de cette Fashion Week Haute Couture Automne-Hiver 2026-2027, le défilé Jean Paul Gaultier occupait une place à part. Plus qu'une nouvelle collection, il incarnait un changement de cap pour une maison dont l'identité s'est construite, depuis près d'un demi-siècle, autour de l'audace, de l'expérimentation et d'une liberté créative rarement égalée. Depuis que Jean Paul Gaultier a quitté la création en 2020, la Maison avait choisi une formule inédite : inviter, chaque saison, un créateur à imaginer une collection de haute couture. Glenn Martens, Olivier Rousteing, Haider Ackermann, Julien Dossena, Simone Rocha ou encore Ludovic de Saint Sernin se sont ainsi succédé, offrant autant de lectures singulières de son univers.


©Jean Paul Gaultier Haute Couture / Duran Lantink
Volumes sculpturaux et corseterie réinventée ouvrent une nouvelle ère créative. ©Jean Paul Gaultier Haute Couture / Duran Lantink

Cette période s'achève avec la nomination de Duran Lantink au poste de directeur artistique. Connu pour son travail sur les volumes, la transformation des vêtements et une approche expérimentale du vêtement, le créateur néerlandais n'avait pas pour mission de reproduire l'œuvre de Jean Paul Gaultier. L'enjeu consistait plutôt à faire vivre son héritage tout en affirmant une écriture personnelle.


Entre patrimoine couture et regard contemporain


©Jean Paul Gaultier Haute Couture / Duran Lantink
©Jean Paul Gaultier Haute Couture / Duran Lantink

Pour son premier défilé, Duran Lantink explore un dialogue entre les grandes silhouettes de l'histoire du costume et une vision résolument tournée vers l'avenir. Les références aux cours européennes, aux silhouettes du XVIIIᵉ siècle et aux codes de la haute couture traversent l'ensemble de la présentation sans jamais céder à la reconstitution historique. Des corsets, des paniers, des cols sculpturaux et des volumes spectaculaires apparaissent comme des réminiscences du passé avant d'être réinterprétés à travers des lignes plus organiques et des constructions inédites.


Cette confrontation entre mémoire et modernité constitue le véritable fil rouge du défilé. Les proportions sont volontairement déplacées, les épaules prennent de l'ampleur, les bustes se transforment en architectures textiles et les jeux de volumes redessinent la silhouette sans jamais perdre de vue le corps qui l'habite. Loin de l'exercice de style, cette première proposition affirme une conviction : la haute couture demeure un terrain d'innovation, capable de faire dialoguer les savoir-faire historiques avec les questionnements esthétiques de son époque.


Le corps, terrain d'expérimentation


Depuis ses débuts, Jean Paul Gaultier n'a cessé de remettre en question les conventions vestimentaires. Corsets iconiques, vestiaire masculin revisité, brouillage des genres et silhouettes théâtrales ont façonné une œuvre où le vêtement dépasse sa fonction première pour devenir un langage. Duran Lantink s'inscrit dans cette continuité sans chercher à reproduire les codes du fondateur. Il privilégie une approche plus sculpturale, où le volume devient un outil d'expression à part entière. Certaines silhouettes semblent repousser les limites de l'anatomie, tandis que d'autres jouent sur des contrastes de matières, de transparence et de textures.


Chaque passage traduit une réflexion sur la manière dont la couture peut transformer la perception du corps. L'effet est parfois déroutant, souvent spectaculaire, mais toujours maîtrisé par un travail de construction particulièrement exigeant, caractéristique des ateliers de haute couture.


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