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Exposition « Les Alchimistes » : Anselm Kiefer redonne voix aux femmes oubliées de la science à Milan

  • Photo du rédacteur: Cassandre Parent
    Cassandre Parent
  • il y a 3 jours
  • 3 min de lecture
Exposition « Les Alchimistes » : Anselm Kiefer redonne voix aux femmes oubliées de la science à Milan
Avec Le Alchimiste, Anselm Kiefer rend hommage aux femmes de l’histoire de l’alchimie au Palais royal de Milan. Vues de l’exposition – Copyright Anselm Kiefer 2026 – Photos Ela Bialkowska, OKNO Studio

Du 7 février au 27 septembre 2026, la Sala delle Cariatidi du Palais royal de Milan ouvre ses portes pour une exposition signée Anselm Kiefer. Intitulée « Le Alchimiste », elle rend hommage aux figures féminines historiques de l’alchimie à travers une série de portraits réalisée par l’artiste allemand.


Au Palazzo Reale de Milan, Anselm Kiefer déploie une exposition magistrale. Présentée du 7 février au 27 septembre prochain, « Le Alchimiste », est un cycle monumental de 38 toiles. Perçu comme l’un des artistes contemporains les plus influents, Anselm Kiefer met en lumière ces femmes savantes oubliées de l’histoire, dont les travaux, on contribuer à façonner la science moderne. Produite avec le soutien du Palazzo Reale et de la Galleria Lia Rumma, et organisée par l’historienne Gabriella Belli, l’exposition s’impose comme l’un des temps forts de la saison artistique milanaise.


« Les Alchimistes », un hommage aux femmes savantes


« Les Alchimistes »
Vues de l’exposition – Copyright Anselm Kiefer 2026 – Photos Ela Bialkowska, OKNO Studio

Tout est dit dans le titre : « Les Alchimistes ». L’exposition fait référence aux figures féminines qui se sont consacrés à l’expérimentation alchimique et médicale du Moyen-Âge à la Renaissance. Des femmes dont le nom et les recherches ont été effacés des récits officiels et qui pourtant ont nourris la science moderne.


Au cœur de cette démarche se dessine un lien étroit avec Milan, ville où Caterina Sforza, scientifique et chef militaire, passa sa jeunesse. Auteure d'un manuscrit rare contenant plus de 400 recettes, mêlant remèdes, formules alchimiques, cosmétiques et thérapeutiques, elle incarne un des personnes les plus singuliers de la Renaissance. À ses côtés, Isabella Cortese, Maria la Giudea, Marie Meudrac, Rebecca Vaughan, ou encore Mary Anne Atwood composent un panthéon scientifique longtemps invisibilisé, aujourd’hui remis en lumière par Anselm Kiefer.


Chacune des 38 toiles construisent un univers symbolique où le mythe et la science, l’art et la philosophie s’entremêlent. Plus que des portraits figés, Anselm Kiefer, à travers sa peinture – dense, stratifiée et texturée –, semble redonner vies à ces femmes. Symboles alchimiques, signes de renaissance et jeux de lumières instaurent une impression de métamorphose continue. Les matériaux utilisés, plomb, cendres, or, pigments et résidus organiques contribuent grandement à l’alchimie visuelle.


Le lieu de l’exposition, la Sala delle Cariaditi du Palazzo Reale de Milan renforce le dialogue entre la mémoire historique du lieu et la vision contemporaine de l’artiste. Marqué par les blessures du bombardement de 1943, l’espace est devenu au fil des ans le cadre d’expositions emblématiques, dont celle de 1953 qui a accueilli le Guernica de Picasso. L’exposition acquiert ainsi une double portée : rendre hommage à ces femmes de savoir, tout en réactivant la mémoire d’un espace profondément marqué par le temps et la fragilité.


Anselm Kiefer, de Donaueschingen aux scènes artistiques mondiales


« Les Alchimistes »
Vues de l’exposition – Copyright Anselm Kiefer 2026 – Photos Ela Bialkowska, OKNO Studio

Né en 1945 à Donaueschingen, en Allemagne, Anselm Kiefer se destine d’abord au droit, aux langues et aux littératures romanes, avant de se tourner vers l’art. Formé dans plusieurs académies, il accède à une reconnaissance internationale à la fin des années 1980, notamment grâce à une série d’expositions majeures aux États-Unis, de Chicago à New York en passant par Philadelphie et Los Angeles.


En 1992, il choisit de s’installer en France où il acquiert de vastes entrepôts, notamment à La Samaritaine, à Paris, pour y développer une œuvre monumentale. En 2010, il est chargé de l'enseignement à la chaire de « création artistique » du Collège de France consacrant ainsi son rôle central dans le paysage intellectuel et artistique contemporain.


Depuis, Kiefer déploie son travail à l’échelle internationale, des grandes institutions muséales aux événements majeurs comme la Biennale de Venise ou le Grand Palais à Paris. Récompensé dans le monde entier, il s’impose aujourd’hui comme l’une des figures majeures de l’art contemporain, dont les œuvres comptent parmi les plus recherchées du marché.


Chez Anselm Kiefer, l’alchimie dépasse la matière : elle devient un acte de mémoire. En redonnant corps et présence à ces femmes oubliées, l’artiste ne se contente pas de revisiter l’histoire, il en révèle les silences.

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