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Grace La Margna : un havre alpin sous les neiges de 2026

  • Photo du rédacteur: La rédaction
    La rédaction
  • 17 janv.
  • 4 min de lecture

Façade Grace La Margna enneigée
Grace La Margna, façade enneigée à St. Moritz

À St. Moritz, Grace La Margna réinvente le luxe hivernal en 2026. Calme et authentique au cœur de la légende des Grisons, ce boutique-hôtel 5* ouvert toute l’année invite à une pause contemplative : panoramas saisissants, spa alpin, art pop et sports extrêmes à portée de main. Décryptage d’un refuge qui réconcilie tradition et modernité.


Grace La Margna, cet hiver, ressemble à un personnage à part entière dans le roman de St. Moritz. Sous les chutes de neige de janvier 2026, l’hôtel observe la station comme depuis un balcon discret, légèrement en retrait, jamais vraiment au centre de la scène, mais toujours dans le cadre. Calme, précis, presque cinématographique.


1906-2023 : une renaissance discrète

L’histoire commence en 1906, quand La Margna s’élève dans un style Art nouveau alpin, au moment où St. Moritz invente le tourisme d’hiver moderne. Des décennies plus tard, le bâtiment se fatigue, ferme ses portes, puis disparaît presque du radar. Il lui faudra une rénovation profonde et un changement de main pour renaître en Grace La Margna, avec cette idée simple : garder l’âme d’origine et offrir un confort actuel exigeant. L’aile historique conserve ses volumes, ses courbes, ses échos du passé, tandis qu’une extension plus contemporaine vient installer des lignes nettes et des matières minérales.


Design : élégance mesurée

À l’intérieur, tout est affaire de retenue. Bois patiné, tissus sourds, lumières adoucies : les 74 chambres ne cherchent pas l’effet spectaculaire, mais une forme de justesse, presque domestique. Dans le lobby, quelques œuvres soigneusement choisies, des banquettes profondes, un rythme plus lent que dans la station. On a le sentiment de trouver un refuge, pas un décor de carte postale. C’est sans doute là que se niche la différence : la maison préfère la conversation feutrée aux démonstrations de pouvoir.


La situation, elle, est presque symbolique. Juste au-dessus de la gare, l’hôtel domine le lac gelé et le Piz de la Margna. À pied, on rejoint rapidement les boutiques, les restaurants, les télécabines. Pourtant, une fois de retour, le bruit semble rester en bas. Ce contraste entre l’accès facile et la distance sonore raconte bien le positionnement du lieu : proche du récit principal de St. Moritz, mais inscrit dans une marge plus tranquille.


Penthouse et spa : contemplation et chaleur


Dans les étages supérieurs, le penthouse pousse cette logique encore plus loin. Grandeur des volumes, terrasse en surplomb, vue circulaire sur le lac et les sommets : le décor est manifestement spectaculaire, mais le parti pris reste la contemplation. Pas d’accumulation d’effets, simplement cette sensation que l’extérieur vient encadrer chaque geste du quotidien, du café du matin aux dernières lueurs du soir.


À l’étage du spa, la narration change de rythme. Les couloirs débouchent sur un univers d’eau et de vapeur : longue piscine, chaleur sèche ou humide, rituels inspirés des éléments alpins. C’est ici que le froid hivernal est mis à distance, le temps d’un soin ou d’une nage. Les habitants de St. Moritz eux-mêmes y passent, preuve que le lieu n’est pas seulement vitrine pour voyageurs de passage, mais partie prenante d’un écosystème local.


Art et adrénaline hivernale

Autour, la saison impose sa propre dramaturgie. Le Snow Polo dessine ses silhouettes impeccables sur le lac gelé, entre nuages de poudreuse et bruit sourd des sabots. Un peu plus haut, les pistes de Corviglia et de Corvatsch organisent la vie de ceux qui préfèrent la sensation de la neige sous les skis à celle du cuir sous la selle. La Cresta Run, elle, reste l’épreuve initiatique des plus téméraires, avec ses descentes à couper le souffle. À côté de ces images fortes, d’autres gestes plus simples existent : une descente en luge, une promenade en traîneau, un passage sur la glace pour patiner. L’hôtel, lui, sert de point d’ancrage à cette succession de scènes.


L’hiver 2026 ajoute une couche supplémentaire à ce tableau : celle de l’art. La façade devient support d’intervention artistique, les phrases lumineuses de Pietro Terzini s’affichent sur la neige, comme des commentaires ironiques sur la saison et ses codes. Quelques jours en février, la programmation design de la ville attire collectionneurs, curieux et professionnels, et l’hôtel se glisse naturellement dans ce mouvement, non pas comme musée, mais comme relais.


Pourquoi ce choix ?

Reste la question que se pose tout voyageur : pourquoi choisir ce lieu plutôt qu’un autre ? Pour son échelle, d’abord – un nombre limité de chambres qui, dans une station habituée aux grandes structures, change le rapport au séjour. Pour sa position, ensuite – suffisamment proche pour ne rien manquer, suffisamment en retrait pour s’accorder des pauses. Pour son ton, enfin – ni ostentatoire, ni austère, mais orienté vers ceux qui cherchent davantage une expérience rythmée par le temps long qu’une succession de performances.


En 2026, à l’heure où le mot « luxe » se confond parfois avec surenchère, Grace La Margna raconte un autre scénario : celui d’un hiver où l’on peut encore entendre la neige tomber. À chacun ensuite d’y projeter son propre rôle, entre descentes, expositions et soirées au chaud.


Crédit photos : Grace La Margna

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