Quand l’art sauve les coraux : Jérémy Gobé au Musée des Beaux-Arts d’Alençon
- Victoria Di Cala (BD)

- 20 févr.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 mars

Du 14 octobre 2025 au 25 janvier 2026, le Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle d’Alençon accueillait "L’étoile et le cerveau", une exposition immersive de Jérémy Gobé qui fusionnait art, science et écologie autour d’un projet aussi poétique qu’urgent : la restauration des récifs coralliens grâce à la dentelle.
Cette exposition saisissante illustre comment l’art contemporain peut devenir un vecteur concret de préservation environnementale. Jérémy Gobé, plasticien normand fasciné par les formes organiques, transforme le savoir-faire ancestral de la dentelle en outil de régénération marine.
Dentelle contre disparition des coraux
Au cœur de "L’étoile et le cerveau" trônait *Corail Artefact*, projet phare labellisé « La Mer en commun ». L’artiste y propose une dentelle inédite capable de servir de support à la repousse des coraux fragilisés, reliant ainsi patrimoine artisanal local et biodiversité océanique mondiale. Le titre même évoque deux espèces coralliennes essentielles — l’étoile et le cerveau — dont la disparition menace l’équilibre des écosystèmes marins.
Installation immersive et sensorielle
L’ensemble se déploie en une installation multi-sensorielle qui plonge le visiteur dans l’univers sous-marin. Sons aquatiques, textures délicates, jeux de lumière reconstituant la vie corallienne créent une expérience à la fois esthétique et pédagogique, où beauté fragile rime avec urgence écologique. Ce dialogue entre tradition dentellière et innovation scientifique révèle une résilience commune : celle du corail comme de la dentelle alençonnaise, tous deux menacés d’oubli.
Un héritage qui résonne
Clôturée en janvier 2026, cette proposition laisse une trace durable sur la capacité de l’art à dépasser le geste contemplatif. Produite par la Communauté Urbaine d’Alençon, elle illustre parfaitement comment un musée patrimonial peut devenir laboratoire d’idées contemporaines, au croisement de l’artisanat, de la science et de l’engagement citoyen.
Cette exposition nous interroge : l’art peut-il véritablement peser dans la balance écologique ? La dentelle sauvera-t-elle les coraux ? Ou sommes-nous condamnés à contempler la beauté de ce qui disparaît ? Votre avis nous intéresse.







