Interview Exclusive, Hôtel Santa Caterina, Amalfi — Une histoire de famille suspendue entre mer, histoire et hospitalité


À Amalfi, une histoire d’éternité se lit dans chaque paysage. Entre les falaises et les citronniers, l’ancienne république maritime s’impose comme un équilibre entre la nature sauvage et l’élégance italienne. Dans notre interview exclusive, la famille Gambardella revient sur l’histoire de l’Hôtel Santa Caterina, une adresse emblématique de la Côte Amalfitaine.
À Amalfi, chaque pierre, chaque sente et chaque reflet sur la mer racontent une histoire d’éternité. Cette ancienne république maritime, nichée entre les falaises et les citronniers, séduit par son équilibre rare entre nature sauvage et élégance italienne. Les ruelles étroites débouchent sur des terrasses suspendues, les jardins se mêlent aux escaliers, et l’odeur du citron enveloppe le visiteur comme une caresse du Sud.
C’est cette harmonie entre ciel et mer qui a fait de la Côte Amalfitaine une destination mythique : ici, le voyage est une émotion totale, une rencontre avec la beauté et l’authenticité. Les artistes du Grand Tour y trouvaient l’inspiration. Aujourd’hui encore, les amateurs d’art de vivre italien viennent chercher la même chose : une émotion pure, au rythme du vent et de la lumière.
Au cœur de ce paysage d’une grâce infinie se dresse l’Hôtel Santa Caterina, une villa blanche accrochée à la falaise, où le luxe prend la forme d’une hospitalité sincère. Avec ses 78 chambres et suites surplombant le golfe — dont 66 situées au sein de l’hôtel principal et 12 au sein de Casa Marchesa, sa nouvelle annexe à seulement 300 mètres du corps principal —, son ascenseur creusé dans la roche menant à la mer, sa piscine panoramique et son restaurant Glicine, étoilé Michelin, le Santa Caterina représente l’essence même du charme méditerranéen : la beauté naturelle, la tradition familiale et la recherche du détail parfait.
Séjourner ici, c’est toucher du doigt la Dolce Vita dans sa version la plus authentique ; un art de recevoir transmis avec passion depuis plus d’un siècle par la famille Gambardella. Pour mieux comprendre cette success story et plonger dans l’histoire fondatrice de cette maison emblématique, nous avons échangé avec la famille Gambardella.
« Cette propriété fait partie de notre identité. », La famille Gambardella
Une histoire familiale ancrée dans la Côte

Tout commence en 1870, lorsque le Docteur Giuseppe Gambardella transforme la maison familiale en un petit hôtel : le premier Sainte Catherine, modeste pionnier de ce qui deviendra l’une des plus belles adresses d’Italie. Quelques décennies plus tard, en 1904, il inaugure avec l’aide de son épouse et de son fils Crescenzo l’actuel Hotel Santa Caterina, alors pourvu de seulement six chambres.
Depuis, trois générations se sont succédé, agrandissant patiemment la propriété jusqu’à lui offrir sa forme actuelle — 78 chambres et suites baignées de lumière, toutes ouvertes sur les jardins ou la mer. Aujourd’hui, ce sont les filles de Crescenzo, Giusy et Ninni Gambardella, épaulées par leurs enfants Crescenzo Gargano, Alessandro et Beatrice Camera, qui perpétuent la tradition. Chaque jour, ils veillent en personne à cette promesse : rendre le séjour de leurs hôtes aussi harmonieux et chaleureux qu’un retour à la maison.
Du Grand Tour à la Dolce Vita

À Amalfi, l’hospitalité est une seconde nature. Le Dottor Gambardella en avait le pressentiment : transformer la maison de famille en petit hôtel fut une décision intuitive mais déterminante. «Ce choix s’est avéré des plus judicieux. », confie la famille, consciente d’avoir accompagné plus qu’une clientèle : une époque. Des explorateurs du Grand Tour à la génération raffinée de la Dolce Vita, jusqu’aux voyageurs hédonistes d’aujourd’hui, l’hôtel a incarné l’art de recevoir italien dans toute son authenticité.
La structure, toujours située sur les terres ancestrales de la famille, domine la mer depuis des siècles. « Cette propriété fait partie de notre identité. », expliquent les Gambardella. À Santa Caterina, rien n’a été pensé au hasard : ni la position, ni la perspective vertigineuse, ni cet ascenseur taillé dans la pierre qui relie la villa au rivage.
Entre mythe et cinéma
Cette scénographie naturelle n’a pas échappé aux yeux du cinéma. Le Santa Caterina a accueilli d’innombrables tournages, italiens et internationaux, ainsi qu’une pléiade d’acteurs et de réalisateurs venus respirer la magie du lieu. Parmi ces instants d’exception, la famille se souvient d’un shooting que Karl Lagerfeld réalisa pour Chanel, immortalisant Claudia Schiffer sur les terrasses de l’hôtel. Une icône parmi les icônes.
Un charme au-delà du luxe
Ce qui séduit avant tout les visiteurs, c’est cette élégance sobre, cette beauté qui se révèle sans jamais se montrer.« Les clients sont émerveillés par les grandes chambres donnant sur les jardins.», raconte la famille, avant d’ajouter : « Nous sommes profondément satisfaits lorsque nos hôtes nous confient ne plus vouloir repartir, car ils ont retrouvé chez nous l’harmonie et la chaleur de leur propre maison. »Tout est dit. L’hôtel, aussi somptueux soit-il, reste avant tout une maison. C’est là tout le mystère du Santa Caterina : allier le prestige à l’accueil.
Architecture et héritage
Depuis 1904, plusieurs architectes se sont succédé, chacun laissant son empreinte dans ce décor Liberty raffiné, ponctué de colonnes, de faïences et de verrières ouvrant sur la mer. Les transformations se sont faites sans trahir son âme, comme si chaque pierre ajoutée prolongeait la respiration du lieu.
L’hôtel vit au rythme des saisons, ouvrant ses portes de mi-mars à début novembre, au moment où la lumière d’Amalfi se fait plus douce. « C’est une saison aussi longue que le cœur de nos hôtes », confient-ils avec un sourire.
Le goût du bien-être
Sous les pins et les citronniers, un ascenseur descend vers la mer : on y découvre le beach club, la piscine taillée dans la roche et la SPA Al Mare, célèbre pour son traitement signature au citron, hommage à l’essence même de la Costiera. Autant d’expériences sensorielles qui prolongent la philosophie du lieu : vivre lentement, respirer, savourer.
Côté gastronomie, le restaurant Glicine, étoilé par la Guida Michelin pour la septième année consécutive, offre aux hôtes des soirées inoubliables à la lumière des chandelles.« C’est un restaurant gastronomique, raffiné et panoramique, où les plats traditionnels sont revisités dans un esprit contemporain », explique la famille. Une cuisine qui traduit en saveurs ce que le Santa Caterina incarne dans ses murs : la passion du détail, le romantisme et la célébration de la terre.
L’esprit Santa Caterina

Rester fidèle à soi-même, voilà ce qui distingue l’hôtel de ses pairs. « C’est le plus ancien de la Côte, et il appartient à la même famille depuis 1860 », rappellent fièrement les Gambardella. Ce lien indéfectible avec le passé, loin d’être une contrainte, est devenu leur signature.
La quatrième génération perpétue la tradition tout en intégrant les innovations avec naturel. « Nous suivons la tradition, mais nous intégrons les nouvelles technologies avec naturel », assurent-ils. Dans une région classée au patrimoine mondial de l’Unesco, le respect du site et du paysage est une évidence : la durabilité n’est pas une stratégie, mais une continuité.
Transmettre, encore et toujours
L’avenir du Santa Caterina s’inscrit dans la même lignée : poursuivre cette œuvre familiale « così com’è », tout en laissant la beauté naturelle et l’accueil humain en tête de leurs priorités. Quand on leur demande trois mots pour résumer l’essence de leur maison, les Gambardella répondent sans hésiter : « Beauté naturelle, tradition familiale, soin du service et attention aux détails. »
C’est toute une philosophie : celle d’une hospitalité qui ne se raconte pas, mais qui se ressent.« L’apport de l’équipe, à la fois historique et nouvelle, est tout aussi essentiel. », concluent-ils, reconnaissants envers cette grande famille invisible qui, chaque jour, perpétue l’âme d’un mythe italien.







