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Interview Exclusive - Nhome, la table qui réinvente le plaisir de manger

  • Photo du rédacteur: Victoria Di Cala (BD)
    Victoria Di Cala (BD)
  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture

Assiette emblématique du restaurant Nhome, Paris, ©Nhome


Chez Nhome, découvrir de nouvelles saveurs, s’ouvrir à l’inattendu, se laisser surprendre par un plat qui raconte une histoire — voilà l’un des derniers luxes que l’on s’offre encore : celui d’un voyage immobile, conduit par le goût.


Au centre du premier arrondissement de Paris, dissimulé rue de Montpensier près du Palais-Royal, Nhome n’est pas un restaurant comme les autres. Ici, on ne réserve pas une table, mais une chaise autour d’une immense table d’hôte pensée pour une vingtaine de convives. C’est l’idée de Matan Zaken, chef inventif et passionné : réunir des inconnus autour d’un dîner surprise, pour partager bien plus qu’un repas.


Dans cette cave élégante aux pierres apparentes et à la voûte majestueuse, tout semble pensé pour la convivialité. Les chefs servent eux-mêmes les plats qu’ils déposent au centre de la table, dans une vaisselle unique façonnée à la main par une céramiste. Le menu, lui, reste un mystère jusqu’à la première bouchée : huit ou dix étapes, au fil des produits du moment. Pas de carte figée, pas de dogme ; Matan Zaken laisse les saisons – et son instinct – guider son inspiration.


Ce qui séduit immédiatement, à Nhome, c’est cette liberté joyeuse, presque instinctive. On sent un chef qui joue, qui s’amuse, qui prend plaisir à explorer. Matan Zaken le dit avec simplicité :


« Actuellement on est très inspirés par tout ce qui est racines. Donc on va dire que le céleri-rave, est un des produits sur l'aspect végétal qu'on a énormément travaillé et on a essayé ces derniers mois, on l'a travaillé de 3 ou 4 façons différentes. Donc c'est assez intéressant. »


Autour de cette créativité, tout le reste s’accorde : le sommelier compose des accords justes, sans excès ; l’ambiance se construit au fil du service, entre bougies, lumières tamisées et musique discrète dont le rythme s'intensifie jusqu’à 23 h 30. La playlist, mêlant influences japonaises et contemporaines, accompagne les conversations sans jamais les couvrir. Matan y tient :


« Un restaurant peut être plein mais vide. C'est comme un docteur. Donc plein mais vide, et en fait, ça dépend de nous. C'est nous qui faisons en sorte de le faire vivre. C'est comment se fait l'ambiance, quelle est la "vibe" j'ai envie de dire. Quelle est l'atmosphère globale et ce que les gens ressentent au moment où ils sont installés. S'ils sont heureux par exemple. »


Cette idée de « vie » traverse tout le lieu. Chez Nhome, rien n’est figé. Pour Matan Zaken, l’essentiel n’est pas la quête de récompenses, mais l’énergie créative qui anime son équipe :


« Je ne pense pas être forcément dans cette envie de cette deuxième étoile tout de suite. Mais en tout cas, franchement, une belle année sur laquelle le restaurant vit. C'est important d'utiliser le mot "vit" plus que "rempli". Le restaurant vit plein d'événements autour de la food, que ce soit hors des murs et dans le restaurant. Et toujours beaucoup plus de créativité et de changement de menu quoi. »


La clientèle, elle aussi, reflète cette effervescence internationale à près de 70 %, nourrie des passages d’Américains, d’Asiatiques ou de visiteurs de la Fashion Week, mais aussi française, fidèle, curieuse de redécouvrir chaque semaine une carte toujours changeante. Dès l’entrée, la cuisine ouverte invite à observer, à converser, à partager.


Chez Nhome, on ne dîne pas seulement : on entre dans une maison vivante, où la beauté du geste compte autant que le goût. On en ressort émerveillé, avec cette impression rare d’avoir vécu un moment unique — et l’envie d’y revenir vite. Car en ces lieux, rien ne se répète, et c’est sans doute cela, le vrai luxe : goûter à l’instant.

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